Écrire un roman de 90 000 mots en 3 mois et survivre
Bien écrire un texte, On jase!

Écrire un roman de 90 000 mots en 3 mois et survivre

Ça m’est arrivé trois fois. Trois fois, dans ma vie, j’ai écrit un roman d’environ 90 000 mots en trois mois. Ce fut même trois fois trois mois en trois ans! Et… j’ai survécu.

Pour vous donner une idée, 90 000 mots, c’est un roman de format standard d’environ 400 pages.

Concrètement, voici le résultat de mon dur labeur.

Romans de 90 000 mots écrits par Valérie Auclair
Romans de 90 000 mots écrits par Valérie Auclair: la série Bad Boys

Je vous raconte cette expérience parce qu’elle m’a appris une grande leçon sur l’écriture et la détermination.

Cette leçon, c’est que lorsqu’on a un objectif ferme et précis, on trouve les moyens de l’atteindre.

Quand on a un objectif ferme et précis, on trouve les moyens de l’atteindre.

Pourquoi écrire 3 romans en 3 mois?

Mais pourquoi ai-je écrit ces 3 romans en 3 mois chacun? Et pourquoi ai-je chaque fois écrit environ 90 000 mots?

La série Bad Boys m’a été commandée par l’éditeur. C’est lui qui a eu le flash, l’inspiration originelle (qui correspond aux 4 premiers chapitres du premier tome, pour les curieuses).

Il m’a demandé de rédiger une série de roman de style chicklit, comptant entre 90 000 et 100 000 mots. J’ai réfléchi, j’ai cogité les péripéties potentielles et le développement du personnage principal… et j’ai dit oui.

On a donc signé le premier contrat d’édition, qui incluait une date de livraison.

On était alors en mai; je devais remettre le premier jet vers la mi-août.

Comment écrire 90 000 mots en 3 mois?

Vu le délai et ma façon plutôt organique d’écrire, je n’ai pas fait de plan. Je cogitais l’intrigue mentalement durant la journée (ou la nuit!). J’ai rapidement eu une vision nette de la fin, mais l’ensemble de l’intrigue me venait au fur et à mesure.

Je travaillais donc sans plan.

Honnêtement, je ne recommande pas cette méthode!

Comme je travaillais alors à temps plein, j’écrivais les soirs et les fins de semaine. J’avais calculé le nombre moyen de mots à écrire chaque jour pour terminer à temps ET avoir un temps de relecture avant la remise.

Et j’ai écrit.

J’ai tout simplement écrit en suivant ma planification. Certains jours, surtout la fin de semaine, j’avançais plus que prévu. Ça compensait pour les journées moins productives.

Je me suis presque toujours obligée à respecter mon quota, quitte à retravailler de grands bouts. Peu importe la saison (l’été pour le tome 1, l’hiver pour les tomes 2 et 3) et ses attraits. J’ai écrit même quand j’étais fatiguée, même quand j’aurais préféré passer plus de temps avec mes proches, même quand j’étais bloquée. J’ai manqué quelques activités sociales, en tout ou en partie, afin d’atteindre mes objectifs de fins de semaine.

Et j’ai réussi.

Si j’ai livré la marchandise à l’échéance et conservé ma santé mentale, ce fut grâce à plusieurs alliés.

Mes alliés pour survivre

Je prends mes engagements au sérieux. Ce trait de caractère a été décisif dans la réussite de ces sprints d’écriture. J’ai tenu à respecter chaque échéance, même si c’était essoufflant, surtout au troisième livre.

Parce qu’en plus, c’était 3 livres en 3 ans!

Valérie Auclair en fin de rédaction de roman
Autrice en fin de rédaction de roman: tout baigne!

Je suis de nature organisée et je déteste être à la dernière minute. Ma planification, même rudimentaire, m’a permis de progresser avec constance sans me retrouver dans le pétrin lorsque j’étais grippée ou lorsque je devais me déplacer pour le travail.

Parlant de travail, j’ai pris quelques journées de congé pour relire chaque manuscrit avant la remise. Des journées intenses mentalement, qu’il valait mieux ne pas partager avec la concentration nécessaire à mes tâches professionnelles.

Aussi, à l’époque, je n’avais pas d’enfant. Je ne sacrifierais pas autant de temps avec ma fille pour écrire un roman. Du moins, pas à son jeune âge.

J’étais aussi célibataire pendant la rédaction du premier tome. Ça libère du temps, veut veut pas!

Pendant la rédaction de chaque tome, j’ai aussi pu compter sur le soutien inconditionnel de mon entourage. Celui-ci avait tellement hâte de me lire qu’il n’a jamais critiqué mon absence pendant ces neuf mois (ainsi que les périodes de révision qui ont suivi).

Du côté des considérations plus techniques, je trouve la chicklit facile à écrire. C’est un genre littéraire que je lisais déjà et que j’aimais bien. La base est assez simple, surtout que j’avais le mandat d’en respecter les conventions. Ainsi, l’intrigue n’a pas à être aussi complexe que celle d’un roman policier.

Ceci dit, j’ai quand même apporté quelques touches d’originalité à mes œuvres : un personnage central qui mûrit réellement, une réflexion sur l’alcoolisme, un plaidoyer en faveur des enseignants, etc.

De la chicklit au blogue, en passant par des documents techniques et des fanfictions, je maîtrise une panoplie de formes textuelles et de genres littéraires. Découvre ce que j’écris d’autre.

La rédaction des tomes 2 et 3 était plus fluide que celle du premier tome. En effet, les personnages étaient déjà établis, et j’avais eu le temps d’élaborer une vision claire de la série et de sa fin. Je savais où je m’en allais. Pour le tome 3, j’avais même un semblant de plan sur papier!

Finalement, je suis convaincue que toutes les histoires que j’avais écrites, depuis mon enfance jusqu’à ce jour, m’ont préparée à ces trois sprints d’écriture. Même celles que personne n’a lues, même les mauvaises, même les inachevées. Elles furent ma formation, mon entraînement pour trouver mon style, me faire la main sur les dialogues, etc. J’avais l’habitude d’écrire longtemps, mais aussi d’intégrer des rebondissements, des clins d’œil, du suspense.

En somme, parmi mes alliés de rédaction, je compte mes qualités personnelles, un contexte propice et une solide habitude d’écrire.

Et si c’était à refaire?

Ces trois périodes de rédaction comptent parmi les plus intenses, exigeantes, stressantes, créatives et satisfaisantes de ma vie.

Je suis fière d’avoir créé trois intrigues captivantes et une panoplie de personnages attachants (ce sont mes lectrices qui le disent!) en si peu de temps.

Lorsque je fais face à un nouveau défi, je pense à ces trois trimestres où je me suis dépassée pour réaliser mon rêve de petite fille: devenir une autrice publiée! Et je regagne confiance en mes moyens et en mes outils.

Malgré cette fierté et cet accomplissement, en ce début de vie de mon enfant, je refuserais une autre commande de ce genre.

En plus d’être extrêmement exigeant sur les plans mental et créatif, un mandat aussi intense demande un investissement de temps que je ne souhaite pas faire présentement.

Du moins, je refuserais de le réaliser en plus de mon travail quotidien. Même si je suis présentement travailleure autonome, j’ai des engagements envers mes clients que je tiens à respecter.

Ceci dit, avec un préavis, un à-valoir conséquent et un pitch accrocheur, peut-être que…

Lionceau qui fait un clin d'oeil: ne jamais dire jamais
#pourquoipas #nejamaisdirejamais

Envie qu’une autrice expérimentée t’aide à écrire? Écris-moi!

JE VEUX L’AIDE DE VALÉRIE

Post scriptum: Si tu aimes la chicklit et que tu as envie de découvrir Bad Boys, fais-moi signe! J’ai plusieurs exemplaires du tome 1 en ma possession.

5 réflexions au sujet de “Écrire un roman de 90 000 mots en 3 mois et survivre”

  1. Bonsoir,
    Je me permets, j’ai découvert votre blog qui est rempli de supers astuces pour écrire!
    J’ai le souci inverse d’aller exactement à l’essentiel, sans m’embarrasser de détails, ce qui fait que j’ai écrit 2x 2 histoires de 17 et 18000 mots et pour moi, j’ai tout dit! Loin d’un modèle éditable donc! Comment étoffer son histoire? Auriez vous des conseils sur ce point?
    Et peut-être aussi sur comment terminer une histoire également?
    Merci encore !

    1. Bonjour, Babybloguinette! Tu as bien fait de te permettre, les commentaires sont là pour ça! 😉
      Je te conseille d’écrire le nombre de mots dont ton histoire a besoin, point. Les récits courts ont leur place et leur public! J’ai rédigé 90 000 mots pour la trilogie car c’était la commande; personnellement, je suis plutôt comme toi, synthétique et droit au but.
      Ceci dit, les ouvrages minces sont plus chères à imprimer et à relier, proportionnellement. Selon les maisons d’édition qui t’intéressent, tu peux leur proposer un recueil de deux ou trois textes sur la même thématique ou du même ton (il faut qu’ils visent le même public, en fait). Sinon, je te suggère de faire appel à du soutien éditorial spécifiquement pour peaufiner ton texte en vue d’être publié, ce qui n’est pas mon créneau. Au Québec, Nadia du Pigeon décoiffé offre ce genre de service.
      Mais gonfler ton récit du double ou du triple de mots pour convenir aux standards d’impression… Ouf, ça pourrait être pénible pour toi ET pour les lecteurs!
      Pour terminer une histoire, toutes les façons sont bonnes! Il convient de répondre aux attentes typiques du genre (une histoire d’amour classique finit généralement bien; une histoire d’horreur se conclut dans une scène culminante de frissons, etc.), mais il y a tellement de façons de jouer avec les codes que c’est difficile de répondre ici. Une fin ouverture peut aussi bien convenir qu’une fin fermée. Ça dépend aussi de ton projet: il se suffit en lui-même ou tu lui prévois une suite? Bref, essaie de savoir ce que tu veux faire avec le texte, l’émotion que tu veux le plus transmettre, et ce que tu veux que le lecteur tire comme leçon / morale / expérience.
      Et n’étire pas la sauce (ce que j’ai tendance à faire haha). Quand c’est fini, c’est fini! 🙂
      J’espère que ça t’aide un peu! Encore merci pour ton commentaire!

    2. Bonjour!! Oui merci beaucoup pour ta réponse! Cest juste que le fait davoir écrit « seulement » 18 000 mots me ferme automatiquement les portes des maisons d’édition il me semble. Et cest dommage car jai 1 message fort à faire passer, j’aborde les thèmes de la maladie et mort d’un enfant qui me touche particulièrement puisque que jetais concerné (heureusement pas par le décès car mon fils est bien vivant 💙)
      Je pense que tu as raison, je ne gagnerai rien à ajouter des mots juste pour étoffer, mais je me sens « coincée » du coup
      Bonne journée !

    3. Tu touches un sujet sensible et majeur, en effet. Heureuse que ton garçon (comme ma fille) soit bien vivant 🙂
      Il est aussi possible de proposer ton projet à des éditeurs ciblés par rapport au sujet. Si le texte les interpellent, ils voudront l’amener à son plein potentiel et sauront t’indiquer quels passages étoffer, au besoin.
      Je pense vraiment que les services de Nadia t’aideraient: https://lepigeondecoiffe.com/

    4. Merci énormément pour ce lien, je vais aller voir. Je ne saurais pas quel éditeur, il va falloir que je recherche.
      Très heureuse que ta fille se porte bien, je ne savais pas. Comme quoi, le hasard nous fait faire de drôles de rencontres, même virtuelles!!
      Merci beaucoup pour tes conseils

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