On jase!

Devrais-tu écrire un livre?

«Devrais-je écrire un livre?» Voilà une question que chaque auteur potentiel se pose, et ce, peu importe le genre de livre auquel il pense. En effet, il paraît que 17% des Français ont déjà écrit un manuscrit, alors que 81% des Américains souhaiteraient en écrire un.

Comment savoir si toi, qui as une idée, tu devrais écrire un livre?

Ce que «devrais-je» sous-entend, c’est «devrais-je mettre autant de temps, d’énergie et de vulnérabilité dans un projet dont l’issue est tellement incertaine? Est-ce que ça en vaut la peine?»

C’est une bonne question, car les statistiques de publication et de revenus ont de quoi refroidir les ardeurs. Certes, l’autoédition est de plus en plus facile sur le plan technique, mais elle représente toujours un défi immense sur le plan de la diffusion et, donc, de la rentabilité.

Questions d’égo et d’objectif

Même si «devrais-je écrire un livre» est une question intéressante, je crois que ce n’est pas la bonne question. Elle en cache une autre, plus sensible car elle touche à l’égo.

Pourrais-tu écrire un livre?

Il est donc pertinent de répondre à cette question : suis-je capable d’écrire un livre?

Je crois que tout le monde en a la capacité matérielle. Même si tu ne sais pas écrire, tu peux recourir à un auteur fantôme. Tu peux utiliser un dictaphone et faire transcrire les enregistrements. Une panoplie de techniques et de ressources peuvent t’aider, incluant une accompagnatrice en écriture.

Ciblons davantage la question: es-tu capable d’écrire un livre qui sera publié, mais surtout qui sera lu?

Note: C’est bien correct d’écrire un livre juste pour toi ou pour un cercle restreint, par exemple tes mémoires pour tes descendants. Inutile de chercher un éditeur ou de dépenser une fortune dans ce cas. Trouve un imprimeur pour créer quelques jolis exemplaires à offrir en cadeau, et apprécie l’expérience. C’est parfait. La réflexion que je propose s’adresse plutôt à ceux qui rêvent de rejoindre un vaste public.

Si tu le peux, le devrais-tu?

Écrire un livre au complet, c’est long. C’est un gros contrat avec toi-même, dont le résultat est flou et lointain.

À LIRE: Écrire un roman de 90 000 mots en 3 mois et survivre

Or, les objectifs flous et lointains minent la motivation. Pas pour rien que la plupart des gens ne commencent jamais à écrire, et que plusieurs ne finissent pas leur livre!

Voici quelques pistes de réflexion pour t’aider à déterminer si tu devrais te lancer ou non.

As-tu un objectif clair?

Tu veux partager ton histoire, tes connaissances, tes idées… OK, mais pourquoi? Quelle est ta motivation profonde?

Oui, tu peux écrire juste pour le fun, pour explorer… C’est juste que, si tu veux être lue par plusieurs, des intentions clairement identifiées aident beaucoup.

Elles te motiveront aussi à poursuivre jusqu’à la fin ET te permettront d’avoir un projet qui se tient, qui va interpeller ton lecteur.

Parlant de lecteur…

Pour qui écris-tu?

Autrement demandé : qui est ton lecteur idéal?

Si tu as des notions de marketing, c’est l’équivalent du persona, du client idéal. Est-ce un adulte, un enfant, un expert dans le domaine, est-il pressé, angoissé, curieux…?

Identifier ton lecteur t’aide à choisir l’angle de sujet ou les intrigues secondaires qui l’accrocheront le plus.

De plus, connaître la transformation que tu veux lui offrir t’aidera à adopter le bon ton, le bon vocabulaire… Bref, à adopter le style d’écriture qui portera le mieux ton message ou ton histoire.

Une fois ton lecteur identifié, pose-toi cette autre question : est-ce qu’il lit? Certains publics sont moins portés à ouvrir un livre, papier ou numérique.

La réponse te permet donc de valider ton médium. Peut-être qu’un livre est judicieux. Peut-être que ton lecteur est plutôt un amateur de blogue, un auditeur de podcast, un spectateur de vidéo, un fan de chanson, de film, de conférence, alouette…

Ce qui nous amène à la prochaine question…

Le livre est-il un bon médium pour toi?

Il faut beaucoup de détermination et de patience pour réaliser un projet à long terme comme un livre. Et, au-delà de ça, la nature du medium doit te correspondre.

Le livre est souvent placé sur le piédestal de la notoriété et de l’accomplissement. «Oh wow, tu as écrit un livre

Mais il n’y a pas que lui pour t’apporter audience et succès!

Si tu ne lis jamais toi-même…

Si le processus de création d’un livre te fait suer…

Si les mots te lèvent le cœur…

N’écris pas de livre.

Va dans le visuel, dans la performance, dans le tricot… peu importe ce qui t’interpelle comme moyen de communication.

Parce que, même en délégant la rédaction à proprement dite, ce sera à toi de promouvoir ton livre, d’en être le fier ambassadeur.

Et si les mots, si les livres en général ne te parlent pas, ce sera souffrant pour toi, et souffrants pour tes (non-)lecteurs potentiels.

Devrais-tu écrire un livre?

Je t’ai un peu brassé la cage avec mes questions. Comment te sens-tu?

Si tu es plus déterminée que jamais, voire rassurée par tes réponses à mes questions, SUPER! Bonne écriture, amuse-toi, j’ai hâte de lire ton livre 🙂

Si tu es motivée à te lancer, mais que tu n’es pas sûre de comment le faire, participe à l’atelier d’écriture Aligne tes idées du 12 novembre 2020. Il est conçu pour toi!

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