Quand utiliser Ce qui ou Ce qu'il
Bien écrire une phrase

Quand utiliser « Ce qui » et « Ce qu’il »

Quand faut-il utiliser « ce qui » et « ce qu’il » dans une phrase? La distinction entre les deux expressions passe inaperçue à l’oral, mais devient drôlement embêtante à l’écrit. Par exemple, pas évident de déterminer laquelle convient dans la phrase suivante : Il faudra expliquer ce qui/qu’il s’est passé.

En fait, la plupart des cas se règlent en répondant à une seule question. Dans les autres cas, on a une certaine liberté, qui dépend souvent du sens véritable qu’on veut donner à notre phrase.

La question à se poser : est-ce un verbe impersonnel ou non?

Avec les constructions « ce qui » et « ce qu’il », il faut d’abord se demander si on a affaire à un verbe impersonnel. La réponse résout bien des cas!

Un verbe impersonnel se conjugue seulement à la 3e personne du singulier, comme pleuvoir ou falloir. Son sujet, « il », est abstrait; il ne représente pas une personne ou une idée (Qui pleut dans Il pleut…? Mystère!).

Or, avec un verbe impersonnel, on emploie « ce qu’il ».

Avec un verbe impersonnel, on utilise "Ce qu'il"

Dans la phrase donnée en introduction, on pourrait bien avoir affaire à un tel verbe, car on ne peut écrire « expliquer ce que je me suis passé ». Enfin, on le pourrait, mais ce serait un contexte extrêmement différent!

On devrait donc écrire : Il faudra expliquer ce qu’il s’est passé. Mais il faut pousser un peu plus loin pour avoir une réponse définitive 😉

Verbe impersonnel et exceptions

Évidemment, la règle a ses exceptions. L’OQLF présente bien les différents cas de figure possibles, que voici résumés.

  1. Verbe impersonnel : on emploie toujours « ce qu’il ».
  2. Verbe rester : on emploie « ce qui » ou « ce qu’il », au choix.
  3. Verbes se passer et arriver, pouvoir, advenir, prendre, résulter, convenir : on emploie plus fréquemment la construction « ce qu’il » , mais on peut aussi utiliser « ce qui ».
  4. Verbe plaire : ça dépend du sens. Pour une construction impersonnelle, on emploie « ce qu’il » (Je lis ce qu’il me plaît de lire). Pour une construction personnelle, on emploie « ce qui » (Tu prends le livre qui te plaît; tu prends ce qui te plaît).
  5. Expression sembler bon : on emploie « ce qui » ou « ce qu’il », au choix.

Le tableau suivant récapitule le tout. N’hésitez pas à l’utiliser!

Tableau récapitulatif pour utiliser "Ce qu'il" et "Ce qui"

La phrase qui nous intéresse comprend le verbe se passer et est donc concernée par le 3e cas. L’OQLF, comme d’autres sources, indique qu’avec ce verbe, on peut aussi bien utiliser « ce qui » que « ce qu’il ».

La différence résiderait essentiellement dans le goût ou le style de l’auteur. « Ce qui » est plus usuel, plus commun et proche de l’oral, tandis que « ce qu’il » fait plus littéraire.

Attention au sens véritable

Toutefois, certaines sources distinguent une nuance de sens entre les deux, qui dépend de ce qu’on veut vraiment dire. C’est le même genre de distinction que dans le 4e cas, avec le verbe plaire.

Ainsi, on peut être général et utiliser une construction impersonnelle, sans référent implicite ou explicite. On retrouve ici notre fameux verbe impersonnel, accompagné de « ce qu’il ».

Mais on peut aussi vouloir signifier « Il faudra expliquer cet événement qui s’est passé ». Alors « cet événement » est le sujet réel de « s’est passé » et il faut utiliser « ce qui » (il faudra expliquer ce qui s’est passé = il faudra cet événement qui s’est passé).

 

Quelle est la bonne réponse dans notre cas? Dans l’absolu, les deux options seraient correctes. J’aurais néanmoins une préférence pour « ce qui », car on peut probablement trouver un référent, un sujet réel, à ce verbe. Bref, tout dépend du contexte!

Merci à Mélissa Baril de m’avoir posé cette bonne question via Facebook! N’hésitez pas à en faire de même.

 

Sources

OQLF, La grammaire / Les homophones grammaticaux / Ce qui ou ce qu’il

Langue.fr.net, Ce qui, ce qu’il… arrive, se passe, se dit

Parler français, Ce qui / Ce qu’il

Laisser un commentaire ou poser une question