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Lumière sur le pronom relatif

Mise à jour: 17 août 2017

Dans cet article, lumière sur un aspect méconnu de la langue française! Il fait sa richesse… et il pose problème à plusieurs Québécois. J’ai nommé : le pronom relatif. Je vais expliquer cette notion avec des exemples, puis je vous donnerai un truc de pro pour faciliter votre autocorrection. Commençons par la base!

La base: le pronom

Un pronom, c’est un mot qui peut représenter un nom, un pronom ou un groupe nominal; un adjectif ou un groupe adjectival; une phrase. Il existe 6 catégories de pronoms : personnels, possessifs, démonstratifs, indéfinis, relatifs et interrogatifs.

Je vous ai déjà perdu? Je vous invite à fouiller un peu dans les articles de la Banque de dépannage linguistique (BDL) pour mieux comprendre. En gros, un pronom remplace un groupe de mots par un seul.

Ici, nous aborderons spécifiquement les pronoms relatifs. J’ai remarqué que beaucoup de personnes, qu’elles bloguent ou non, connaissent différentes difficultés à les utiliser. Et je les comprends! Avant, j’écrivais aussi sans trop comprendre le pourquoi du comment. Je lisais beaucoup de bons textes comme des romans français classiques, donc je reproduisais ce que je voyais et ça allait plutôt bien.

À présent qu’on lit plus sur le web et que les non-spécialistes du français s’expriment partout (et c’est ben correct!), on se retrouve, malheureusement, exposés à du mauvais français et à des phrases moins complexes exigeant moins de gymnastique intellectuelle. La situation a ses bons côtés, mais elle présente aussi l’inconvénient de nous déshabituer de l’usage correct des pronoms relatifs. Quand on doit en utiliser un, on y va un peu au hasard, n’est-ce pas?

Eh bien, aujourd’hui, on va démystifier un peu tout ça!

Introduction au pronom relatif

Un pronom relatif représente un nom ou un pronom et introduit une phrase relative.

Une phrase relative est une phrase (sujet + verbe + complément) existe en fonction d’une autre phrase. Si ce concept ne vous dit rien et que vous voudriez que je l’explique dans un prochain billet, faites-moi signe en commentaire 🙂

Ce qu’il faut retenir maintenant : le nom ou pronom représenté par le pronom relatif est toujours son antécédent. Ça veut dire que ce qui est remplacé par le pronom DOIT se trouver juste avant dans la phrase ou le texte. Toujours. Juste avant. Suis-je claire? C’est important!

Il existe les pronoms relatifs définis, qui peuvent être simples ou composés, et un pronom indéfini. Voici un petit tableau, tiré du Multi Dictionnaire.

tableau des pronoms relatifs extrait du Multi
Extrait du Multi: les pronoms relatifs

Utilisation du pronom relatif

OK. Je devine vos yeux ronds comme des billes. « De kossé?! » que vous vous dites. Ne vous inquiétez pas : on va tout décortiquer!

Qui

Prenons deux phrases comme exemples.

Phrase simple : Je parle à ma sœur.

Phrase avec subordonnée relative : Je parle à ma soeur, qui parlera ensuite à notre père.

Exemples de phrases simple et complexes
Les fonctions des mots des deux phrases.

Si les termes des encadrés ne sont pas clairs pour vous, je vous invite à consulter ces articles de la BDL pour mieux les comprendre.

Sachez qu’en français, chaque mot a une nature (c’est quoi) et une fonction (il fait quoi).

Tableau des natures et fonctions des mots d'une phrase complexe
Natures et fonctions des mots de la phrase complexe.

Le mot nous intéresse ici est « qui ». Sa nature est PRONOM RELATIF et sa fonction est SUJET.

Pourquoi dit-on « pronom relatif »? Parce que c’est un pronom qui est relatif à de l’information donnée précédemment dans le texte.

Ici, on sait que « qui » est relatif à « ma sœur ». Tout le monde comprend qui parlera au père, parce que l’information de référence a été donnée d’abord. On n’écrit pas : Je parle à qui, ma sœur parlera ensuite à notre père. Parce qu’on se demanderait tout de suite : « C’est qui, qui? Tu poses une question ou quoi?! »

À savoir : on utilise « lequel » au lieu de « qui » lorsque l’antécédent est un animal ou une chose. Bref, quand ce n’est pas une personne.

Donc, il faut que le référent soit clair et explicite. En français, pas de devinette! À moins qu’on fasse de la poésie, mais là, c’est tout autre chose 😉

DONT

On a beaucoup de mal avec « dont », du moins au Québec. Et c’est très dommage! Il est si simple à utiliser, en fait.

Deux phrases simples : Je prends le marteau. Je me sers du marteau.

Phrase avec subordonnée relative : Je prends le marteau dont je me sers.

D’abord, clarifions que « du », c’est la contraction de « de » et « le ». On ne dit pas « Je me sers de le marteau », mais ça revient à ça.

Au Québec, surtout à l’oral, on a tendance à dire « le marteau que je me sers ». À l’oral, ça peut passer (quoi que…!). À l’écrit, on se doute que quelque chose cloche, n’est-ce pas? Écoutez votre instinct 🙂

Retournons à notre exemple. Un petit truc? Dans un cas pareil, le référent commence aussi par la lettre D.

Je me sers de quoi? Du marteau. Le marteau dont je me sers.

Analyse d'une phrase complexe avec le pronom relatif DONT
La phrase complexe décortiquée

Ça demande une certaine discipline, surtout à l’oral, car il faut décortiquer ce qu’on dit. Mais c’est une petite habitude très facile à prendre et qui rend un texte tellement plus agréable à lire!

Des exemples COMPOSÉS

Ça va jusqu’ici? Poursuivons 🙂

Voici un premier exemple avec un pronom relatif composé.

Deux phrases simples : Je pointe le magasin. J’achète les cahiers de ce magasin.

Phrase avec subordonnée relative : Je pointe le magasin duquel j’achète les cahiers.

Analyse d'une phrase utilisant un pronom relatif complexe
La phrase complexe décortiquée

C’est la même logique que dans l’exemple précédent! Dans ce cas-ci, « duquel » est la façon de dire « de lequel ». On se souvient que « lequel » remplace « qui » pour désigner un animal ou une chose 🙂

Voici un dernier exemple, avec une phrase complexe.

Phrase avec subordonnée relative : Je regarde les enfants auxquels je parlerai plus tard.

Analyse d'une phrase avec un pronom relatif complexe
Une dernière phrase complexe décortiquée

Dans ce contexte, le verbe « Parler » est suivi par la préposition « à » (à qui parle-t-on?).

Si on regarde un seul enfant, donc si on utilise le singulier, le pronom relatif est « auquel » (« à » + « lequel »). Dans l’exemple, comme il y a plusieurs enfants, on écrit « auxquels » (« à » + « lesquels »).

Une fois qu’on met tout « à l’endroit », c’est-à-dire qu’on retrouve nos phrases simples, ça devient plus clair.

Deux phrases simples : Je regarde les enfants. Je parlerai aux enfants plus tard.

Un truc de pro pour maîtriser le pronom relatif

Lorsque vous hésitez, séparez les phrases et retrouvez le complément du deuxième verbe. Les premières fois demandent une certaine gymnastique mentale, mais on s’y habitue rapidement. En plus, les phrases très longues gagneraient souvent à être divisées!

Pour vous exercer, prenez n’importe quel livre et repérez un des termes du tableau. Trouvez à quoi il se rapporte et pourquoi l’auteur a choisi ce terme-là exactement. La logique de la syntaxe vous apparaîtra rapidement.

 

Voilà, nous avons tiré de l’obscurité les pronoms relatifs! Vous sentez-vous mieux outillé pour les utiliser? N’hésitez pas à m’envoyer vos questions, que ce soit en commentaire ou par courriel 🙂

Sources

DE VILLERS, Marie-Éva. La nouvelle grammaire en tableaux, 2015, Québec Amérique, 6e édition.

OQLF, Banque de dépannage linguistique, http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/, consultée en avril 2017

Confus, perdu, découragé? Pas de problème!

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2 thoughts on “Lumière sur le pronom relatif”

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